Transformer l’éducation pour un futur plus vert : approche holistique de l’école

L’UNESCO travaille sur une éducation au changement climatique pour la Transformation Sociale, se préparant à une approche holistique de l’institution pour rendre chaque école plus verte.

Lors de la COP27 en 2022, le Secrétaire général de l’ONU a souligné:

« Nous sommes sur l’autoroute qui mène à l’enfer climatique, tout en gardant le pied sur l’accélérateur »,tandis que nous nous efforçons de transformer nos sociétés pour atteindre la trajectoire de 1,5 degré recommandée par l’Accord de Paris.

Face à un monde de plus en plus complexe et interconnecté, confronté à une menace réelle et existentielle comme le changement climatique, l’éducation est toujours plus appelée à responsabiliser les individus en tant qu’agents du changement, en leur permettant d’acquérir des connaissances, des compétences, des valeurs et des attitudes qui aboutissent à la transition verte de nos sociétés, comme prévu par l’objectif 4.7 des ODD et l’ensemble de l’Agenda 2030.

En vue d’accélérer les actions urgentes en matière de durabilité climatique, le Partenariat pour une Éducation Verte (« GreenEducation Partnership») a été lancé lors du Sommet sur la Transformation de l’Éducation. Il s’agit d’une initiative mondiale visant à proposer une approche forte, coordonnée et globale pour faire progresser et améliorer le déploiement de la stratégie d’éducation en matière de changement climatique.

Le partenariat encourage les pays et les principales parties prenantes à se concentrer sur quatre domaines d’action :

  • Ecoles vertes
  • Programmes d’études verts
  • Systèmes d’éducation verts
  • Communautés vertes

Suite au succès de la première série de rencontres autour de l’éducation au changement climatique pour la transformation sociale menant à la COP27, qui a attiré 15 000 participants de 184 pays et s’est concentrée sur l’écologisation de chaque politique et programme d’éducation, une deuxième série de six webinaires a été lancée par l’UNESCO et la CCNUCC.Les webinaires se sont déroulés de mai à décembre 2023, en abordant le verdissement des écoles dans le cadre de la préparation de la COP28 à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Les discussions étaient axées sur la nécessité de veiller à ce que tous les établissements scolaires, de la petite enfance à l’éducation des adultes, soient prêts à faire face aux changements climatiques.

L’accent a été mis sur l’intégration d’une approche globale de l’éducation au développement durable (EDD) dans l’établissement afin de transformer l’enseignement et l’apprentissage, les infrastructures et le fonctionnement des écoles, la gouvernance de l’école et l’engagement de la communauté. Analysons les détails de cette initiative pour mieux comprendre qu’est-ce qu’une école verte. Selon la mise à jour de l’UNESCO du 3 mai 2023, une «école verte» est une institution d’éducation qui transmet les connaissances, les compétences, les valeurs et les attitudes pour soutenir les aspects sociaux, économiques, culturels et environnementaux du développement durable. Le but peut être atteint en adoptant une approche holistique de l’Éducation au Développement Durable, qui englobe l’enseignement et l’apprentissage, les infrastructures et les activités, la gouvernance de l’école et les partenariats avec la communauté.

L’initiative « école verte » 

Une « école verte » n’est pas seulement un espace physique, mais un établissement scolaire qui s’engage à promouvoir la durabilité dans son ensemble. Elle va au-delà des méthodes d’enseignement traditionnelles en intégrant des connaissances, des compétences, des valeurs et des attitudes qui favorisent les dimensions sociales, économiques, culturelles et environnementales du développement durable. Cet engagement est concrétisé par une approche holistique connue sous le nom d’Éducation au Développement Durable (EDD).

L’essence d’une « école verte » réside dans une approche holistique de l’EDD dans les différents aspects de son fonctionnement.

Cela inclut les pratiques d’enseignement et d’apprentissage, la conception et la gestion des infrastructures et des activités, la gouvernance de l’école et la mise en place de partenariats communautaires significatifs.

En matière d’enseignement et d’apprentissage, une école verte a pour priorité un programme d’études qui va au-delà de l’enseignement académique pour impliquer les étudiants directement dans les questions de développement durable. Il les dote de compétences pratiques pour relever des défis concrets et cultive des valeurs qui promeuvent une citoyenneté responsable et une bonne gestion de l’environnement.Quand on parle d’école verte ou durable, on fait reference aux institutions éducatives engagées dans la réduction de leur impact environnemental et dans la promotion de pratiques écologiques. L’environnement physique lui-même devient un outil d’apprentissage, reflétant les principes du développement durable et incitant les étudiants à adopter un mode de vie durable.

La gestion d’une école verte est marquée par un engagement en faveur d’une prise de décision durable. Les politiques et les pratiques sont alignées aux principes de l’Éducation au Développement Durable, garantissant ainsi un ancrage de la durabilité dans la mission et les activités quotidiennes de l’école. Cet engagement est renforcé par une communication et une collaboration transparentes entre toutes les parties prenantes, ce qui favorise une culture de la responsabilité partagée.

Il est indispensable qu’une école verte s’engage activement auprès de la communauté au sens large par l’intermédiaire de partenariats qui encouragent les pratiques durables au-delà de l’enceinte scolaire.

Cette approche centrée sur la communauté accroît la portée des initiatives en matière de développement durable et renforce l’interconnexion des efforts locaux et mondiaux.

La discussion relative à l’adoption d’une approche holistique de l’EDD, avec un accent particulier sur le changement climatique, inaugure une série de conversations visant à façonner l’éthique des écoles vertes. Ces discussions soulignent le besoin urgent de relever collectivement les défis environnementaux et reconnaissent le rôle essentiel que les établissements scolaires peuvent jouer dans la construction d’un avenir durable. 

La COP28 a permis de lancer le plus important programme d’investissement en faveur des écoles vertes dans le monde.

Le changement climatique met en péril le droit à une éducation de qualité pour environ un milliard d’enfants dans les pays très exposés à ses effets. Chaque année, les perturbations climatiques entravent l’apprentissage d’environ 40 millions d’enfants, un nombre qui devrait augmenter avec l’intensité et la fréquence croissantes de ces phénomènes. D’ici 2050, le changement climatique devrait entraîner le déplacement de plus de 143 millions de personnes, ce qui aura de graves répercussions sur l’éducation et le bien-être mental d’un nombre incalculable d’enfants.

Pour faire face à cette menace imminente, les plus grands fonds mondiaux pour le climat et l’éducation ont lancé, lors de la COP28 aux Émirats arabes unis, l’initiative baptisée Building the Climate Resilience of Children and Communities through the Education Sector (BRACE). Elle représente un investissement innovant dans le secteur du financement climatique de l’éducation, visant à garantir des environnements d’apprentissage sûrs à des millions d’enfants. Cette approche de financement innovante soutiendra les systèmes éducatifs des nations vulnérables en construisant des écoles résistantes au climat, en intégrant le changement climatique dans les programmes d’enseignement et en offrant des alertes climatiques précoces aux écoles.

Laura Frigenti, directrice générale du GPE, a souligné l’urgence de protéger les enfants et leur éducation des effets des conditions météorologiques extrêmes. Elle a souligné la nécessité d’efforts collectifs pour protéger les enfants les plus vulnérables, en leur fournissant l’éducation nécessaire pour renforcer la lutte mondiale contre le changement climatique.

Le BRACE démarre sa mission au Cambodge, au Sud Soudanet à Tonga, en améliorant leurs systèmes éducatifs par la construction d’écoles résilientes au stress climatique et conformes aux normes de sécurité internationales. À la suite de projets pilotes réussis, BRACE vise à élargir son bassin d’investissement pour des projets d’infrastructures scolaires plus vertes et résilientes face au stress climatique. Le dispositif d’investissement BRACE, doté de 70 millions de dollars, pallie un manque d’investissement critique, en épaulant les pays dans la construction d’écoles plus sûres et plus vertes et en donnant aux générations futures les moyens de lutter contre les effets du climat.

L’initiative « école verte » témoigne de l’engagement holistique des établissements scolaires en faveur de la durabilité, en intégrant des valeurs, des connaissances et des compétences dans les domaines social, économique, culturel et environnemental.

Lorsque la COP28 a annoncé le lancement de BRACE, l’initiative pionnière visant à répondre à la menace que représente le changement climatique pour l’éducation, il s’agissait de lancer un défi international au problème le plus pressant auquel l’humanité est confrontée depuis des années : le changement climatique. En partenariat avec des fonds mondiaux, Save the Children et des gouvernements, l’investissement innovant de BRACE en matière de finance climatique vise à créer des écoles résilientes au changement climatique, façonnant un environnement d’apprentissage plus sûr pour des millions d’enfants. La mission du BREIS, qui a déjà été mise en œuvre – à ce jour – au Cambodge, au Sud-Soudan et à Tonga, est une étape cruciale dans la construction d’écoles plus vertes et résilientes face au stress climatique, et dans la promotion de la durabilité dans l’éducation..Éducation mondiale à la suite de Coop28 

C’est une catastrophe mondiale sans précédent que des millions d’enfants se retrouvent aujourd’hui déplacés, arrachés de force à leur foyer. Alors que les conflits et le changement climatique deviennent de plus en plus des enjeux majeurs pour le monde, le nombre d’enfants déplacés a doublé au cours de la dernière décennie, atteignant le chiffre record de 43,3 millions d’enfants. Cette révélation a été faite à Dubaï le 9 décembre 2023, à la suite de Coop28, où Yasmine Sherif, la directrice exécutive d’Education Cannot Wait (ECW) – le fonds mondial pour l’éducation dans les situations d’urgence et les crises prolongées -, a fait savoir que les enfants touchés par les conflits et le changement climatique sont les moins enclins à s’inscrire à l’école ou à y rester. Par conséquent, ils sont les plus touchés par le non-respect de leur droit fondamental à une éducation de qualité. Beaucoup de ces enfants vivent dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables.

Soulignant la gravité des besoins et l’urgence de réponses immédiates avant que la crise de l’éducation ne devienne irréversible, Mme Sherif a insisté sur l’impératif de créer des systèmes éducatifs résistants au stress climatique en guise de mesure d’adaptation. Cela inclut le développement d’infrastructures éducatives résistantes au changement climatique afin d’assurer la continuité de l’apprentissage.


L’éducation de peut pas atteindre

Le discours de l’Education Cannot Wait souligne l’importance d’intervenir rapidement pour éviter que la crise éducative actuelle devienne irreversible, en mettant en exergue la nécessité de créer des systèmes éducatifs capables de faire face au changement climatique. Cette approche, définie « mesure d’adaptation », reconnait que l’impact des changements climatique montre déjà ses effets dévastateurs sur les communautés les plus vulnérables, y compris sur l’éducation. Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, les sécheresses, les tempêtes et les températures extrêmes interrompent les processus éducatifs, privant des millions d’enfants et de jeunes de l’accès à l’éducation. 

Pour faire face à cette situation, il est impératif de développer des systèmes éducatifs résilients aux changements climatiques, capables de s’adapter à des conditions environnementales qui évoluent rapidement. Cela se traduit en 4 actions clé : 

  • Infrasctructures des écoles adaptées aux changements climatiques: Cela implique la construction de batiments des écoles résistants aux événements climatiques extrêmes, tels que les ouragans, les inondations ou les températures extrêmes. Ces bâtiments doivent être sûrs, énergétiquement efficaces et construits avec des matériaux durables. En plus de protéger les élèves pendant les crises climatiques, ces infrastructures garantissent la poursuite de l’enseignement même dans les situations d’urgence.
  • Systèmes d’apprentissage flexibles: En plus des infrastructures physiques, il est fondamental de créer des systèmes éducatifs pouvant s’adapter facilement aux changements. Cela peut inclure le développement de plateformes digitales pour l’apprentissage à distance qui permettent aux étudiants de poursuivre les études même lorsqu’ils sont impossibilités d’être physiquement à l’école à cause des catastrophes naturelles. De plus, cela peut inclure l’adoption de curricula plus flexibles et divisés en modules d’apprentissage, qui s’adaptent rapidement aux situations de crise.
  • Programmes d’éducation au climat: Il est nécessaire d’adapter les contenus éducatifs, et non seulement les infrastructures physiques. Il est crucial d’intégrer dans les programmes éducatifs des écoles l’éducation au changement climatique, pour préprer les nouvelles générations à comprendre et faire face aux futurs défis. L’alphabétisation climatique et environmentale peut servir aux élèves pour developper une mentalité résiliente et peut les aider à se préparer pour etre prêt à contribuer activement aux solutions pour atténuer l’impact du changement climatique.
  • Partenariats et financements internationaux: La création de systèmes éducatifs résiliants au climat nécessite de ressources considérables et d’une coordination au niveau mondial. L’ECW souligne l’importance de la coopération intérnationale et de la mobilisation de fonds de la part des gouvernements, des ONG et des acteurs privés afin de soutenir les pays vulnérables dans la construction d’infrastructures résilientes. La solidarité mondiale est essentielle pour garantir la poursuite de l’éducation même dans les régions les plus affectés par les changements climatiques. 

On a besoin de rappeler l’urgence d’une réponse à l’actuelle crise éducative, aussi comme de proposer une vision à long terme : des systèmes éducatifs résilients et qui puissent s’adapter, capables de garantir la continuité de l’apprentissage aussi dans un contexte climatique susceptible d’un changement rapide. Ces systèmes éducatif représentent une composante clé non seulement pour garantir l’accès à l’éducation, mais aussi pour construire des communautés plus fortes et préparées pour faire face aux défis climatiques futurs. 

Point de vue de Teachers Outreach, « Écoles vertes » : Quelle est la prochaine étape ?

La COP28, l’un des principaux évènements internationaux axé sur le changement climatique, s’est achevée. Au moment où nous analysons ses résultats, il est essentiel de réfléchir à la manière dont les idées, les engagements et les résultats de la COP28 peuvent faire progresser l’éducation à l’environnement.

La discussion est désormais axée sur l’avenir : Quelle est la prochaine étape ? Cette section doit présenter des mesures, des politiques et des initiatives concrètes pour faire progresser l’éducation relative au changement climatique. C’est l’occasion d’explorer des approches et des collaborations innovantes qui peuvent conduire à une transformation sociale.

L’accent est notamment placé sur le rôle des écoles dans la promotion de l’éducation relative au changement climatique. «  Rendre les écoles plus vertes » implique d’intégrer des pratiques de développement durable au sein des établissements scolaires. Cela peut se traduire par la mise en place d’infrastructures respectueuses de l’environnement, l’application de programmes scolaires soucieux de l’environnement et l’instauration d’une culture de la responsabilité environnementale parmi les élèves et le personnel scolaire. L’objectif ultime est la transformation sociale. Comment l’éducation, en particulier celle axée sur le changement climatique, peut-elle contribuer à des changements sociétaux plus profonds ? Il s’agit notamment de former une génération de citoyens soucieux de l’environnement, d’influencer les politiques et d’encourager les pratiques durables au sein des communautés.

En tant qu’éducateurs, notre rôle s’étend au-delà des limites de la salle de classe, englobant un plus vaste engagement dans la formation d’individus conscients de l’environnement et dans l’encouragement de pratiques durables. L’accent mis par l’UNESCO sur la nécessité de « rendre les écoles plus vertes » est en parfaite adéquation avec notre mission.

Dans l’état actuel des choses, le chemin à parcourir implique une approche à multiples facettes. Tout d’abord, il est essentiel d’intégrer des pratiques respectueuses de l’environnement dans l’infrastructure scolaire. Il peut s’agir de systèmes économes en énergie, d’initiatives de réduction des déchets et de l’incorporation d’espaces verts, créant ainsi un environnement qui ne se limite pas à éduquer, mais qui incarne également la durabilité.

En outre, l’élaboration de programmes d’études joue un rôle indispensable. L’UNESCO encourage à intégrer de façon harmonieuse  l’éducation environmentale dans le matériel pédagogique, en ligne avec  notre vision de former une génération qui comprend et valorise les principes de l’écologie. En intégrant à nos cours des sujets liés au changement climatique, à la biodiversité et au mode de vie durable, nous donnons aux élèves les moyens de participer activement à l’effort mondial en faveur de la gestion de l’environnement.

La collaboration est un autre aspect essentiel. Le plaidoyer de l’UNESCO en faveur d’approches et de partenariats novateurs va de pair avec notre conviction que l’action collective est cruciale. En nous engageant auprès des communautés locales, des organisations environnementales et de nos collègues éducateurs, nous pouvons partager nos ressources, nos idées et nos meilleures pratiques, créant ainsi un réseau de soutien qui dépasse le cadre de la salle de classe. Cependant, la vraie question est : « Quelle est la suite des événements ? » 

En tant qu’enseignants, nous estimons qu’il s’agit d’une occasion d’inspirer des personnes capables de faire bouger les choses. Nous allons au-delà de la transmission de connaissances ; nous transmettons un sens des responsabilités et une prise de conscience.

À travers des projets, des sorties sur le terrain et des expériences pratiques, nous visons à cultiver un lien authentique entre les étudiants et l’environnement.

En bref, le point de vue de l’UNESCO sur le fait de rendre les écoles plus vertes est conforme à notre engagement en faveur d’une éducation holistique. Nous envisageons les écoles non seulement comme des centres d’apprentissage académique, mais aussi comme des pôles de durabilité, favorisant une génération qui non seulement excelle sur le plan académique, mais qui contribue également à une planète plus saine et plus durable.Pour en savoir plus : UNESCO at COP28: Making education the long-term solution to the climate crisis L’UNESCO à la COP28 : Faire de l’éducation le remède durable face à la crise climatique

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